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LA MORT NOUS RAPPROCHE.

Vous vous rendez certainement de temps à autre dans les salons funéraires. Vous avez dû remarquer l’atmosphère spéciale qui anime ces maisons.

Près d’un cercueil tout le monde devient ami, c’est frappant. Après une petite prière au chevet du défunt, vous offrez vos sympathies à la famille en deuil et vous rencontrez aussi plusieurs copains ou amis que vous n’aviez pas vus parfois depuis longtemps, on renoue des amitiés et on dit la phrase classique : «il faudrait bien se revoir ailleurs que dans ces tristes circonstances.»

Oui, c’est extraordinaire comme la mort rapproche les vivants. La mort a quelque chose de tellement mystérieux, elle semble ouvrir des horizons si lointains qu’on sent le besoin, devant elle, de se grouper, de resserrer les rangs de l’amitié pour plus de sécurité.

Il ne faudrait tout de même pas que ce soit la mort qui nous apprenne à vivre! Ces franches poignées de mains, cette impression bien nette d’être tous des frères et sœurs devraient, me semble-t-il, dépasser les portes des salons mortuaires.

Ces qualités que nous découvrons tout à coup au défunt, il les avait de son vivant. C’est curieux que nous les remarquions pour la première fois, alors qu’au travail ou à la maison il apparaissait toujours rempli de défauts.

Faut-il donc que quelqu’un soit disparu pour que nous commencions à l’apprécier vraiment? Ce serait dommage. Avoir passé toute une vie près d’un autre sans avoir profité des richesses qu’il nous offrait.

La mort nous aura servi une belle leçon aujourd’hui si elle nous aide à mieux aimer les vivants.

Jean-Marie Brochu, ptre
jmbrochu@videotron.ca