Un de mes amis arrivait l'autre jour avec un panache d'orignal sur sa voiture et il m'a raconté son expédition en insistant sur la finesse des procédés qu'il avait dû employer pour commettre son meurtre. Je pense que ça peut nous faire réfléchir. Voyez: ils étaient trois copains. Ils ont parcouru une distance de 120 kilomètres avant d'arriver à l'entrée de la forêt. Ils sont demeurés là deux jours, dormant à tour de rôle dans la voiture. Le matin du 3è jour, un visiteur se présenta: une bête splendide d'environ 500 kl. Nous ne saurons jamais lequel des trois l'a tué; ils ont tiré tous les trois nerveusement et l'animal est tombé dans quelques centimètres d'eau, au bord d'un lac. Et mon ami terminait son récit par ces mots: «il ne nous restait plus qu'à dépecer l'animal en travaillant à mi-jambes dans l'eau glacée et à transporter toute cette viande sur un kilomètre, jusqu'à la camionnette.» Je me faisais ensuite cette réflexion: si un juge imposait une telle expédition comme sentence à un bandit coupable de plusieurs hold-up, je pense qu'il y aurait des articles dans les journaux pour démontrer que la société est trop dure pour les malfaiteurs et qu'on ne devrait pas rendre le mal pour le mal. Ça prouve que la pire besogne est facile si on la fait de bon gré, avec goût, alors que le plus petit travail nous apparaîtra comme une montagne si nous l'abordons de reculons. Les exigences de notre vie familiale et professionnelle sont autrement plus douces que ce travail de forçat qu'on appelle du sport. Est-ce que nous les accomplissons avec autant de plaisir ? Jean-Marie Brochu, ptre. Courriel: jmbrochu@noeldubonheur.com Ces messages sont diffusés chaque jour sur les stations radiophoniques suivantes: CHRC, AM 80 à Québec CHNC, AM 61 à New Carlisle CHGM, AM 1150 à Gaspé Cliquez ici pour consulter les Archives Copyright © 2000 Le Noël du Bonheur. Tous droits réservés. |